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Actualités Paris  

Le digital pour sauver les petits commerces

Publié 10 décembre 2020

La Covid est très souvent perçue comme un accélérateur de la transformation digitale pour le commerce. Antoine Ruffexpert de cette transformationestime que la stratégie consistant à fortement inciter les commerçants à passer au e-commerce n’est pas forcément la plus adaptée mais selon lui, « il faudrait mieux leur permettre de digitaliser leur point de vente ». 

 

Le e-commerce est mis en avant comme la solution pour sauver les petits commerces forcés, comme les autres, à rester fermés pendant 12 semaines en raison de la crise sanitaire de Covid-19 en France. Et pourtant, la part du e-commerce – même si elle a quasiment doublé cette année – ne représente au mieux « que » 20 % du chiffre d’affaires des enseignes. Antoine Ruff, co-fondateur et directeur des opérations chez What The Shop – une entreprise spécialisée dans les solutions digitales pour les retailers (automobile, distribution, grande distribution, distribution spécialisée, centres commerciaux) – soulève de nouvelles pistes de réflexion : « Tout d’abord, la part du e-commerce dans le résultat des enseignes a mécaniquement augmentée car le chiffre d’affaires des magasins a chuté. Ensuite, la FEVAD prévoit pour 2020 une hausse des ventes en ligne de 6% (contre 11% en 2019), la croissance du e-commerce est donc en décroissance et la hausse n’est franchement pas spectaculaire pour une année COVID. Le confinement rendant quasi obligatoire l’achat de biens et services sur internet, on aurait pu s’attendre à des résultats bien plus élevés », remarque l’expert étonné. « Il faudra voir si cette part de 20 % ne représente pas tout simplement le plafond de verre du e-commerce qui pourrait à terme tendre vers 25 ou 30 % du CA des enseignes. ». Cette tendance montre que de nombreux consommateurs restent attachés à l’achat en physique et que, par conséquent, le e-commerce n’est pas l’unique solution face à la crise économique que subissent les commerçants. « Les consommateurs attachés au commerce physique ont peut-être préféré reporter leurs achats en attendant la réouverture des commerces ? », se questionne-t-il. L’autre problème du e-commerce est qu’« il ne profite qu’à ceux qui ont un budget suffisant pour se référencer sur Google qui est la principale rue marchande. Or, ce n’est pas le fleuriste de quartier qui pourra se payer une place en première pageOr, tout le monde sait que les internautes vont rarement au-delà », se désole l’expert. 

 

Le digital oui, mais au service des magasins 

En revanche, la digitalisation des points de vente apparaît comme une solution plus pertinente. Antoine Ruff explique que « la prime de 1 500 € offerte par le Gouvernement aux commerçants pour créer leur site internet n’est pas la bonne stratégie car cette somme n’est clairement pas suffisante pour créer son site e-commerce et générer du trafic. » Pour lui, « les commerçants ont des besoins très concrets, or le digital peut permettre de rendre leur point de vente plus efficace et plus simple à gérer ». Cela signifie notamment « proposer le paiement NFC ou le comptage client automatisé pour respecter les jauges imposées par le Gouvernement. Ce type de solution peut d’ailleurs leur permettre de mieux connaître leur fréquentation» Dans ce sens, What The Shop a développé une solution pour réguler les flux, analyser le trafic et interagir avec les clients en magasin. S’ils le souhaitent, les clients peuvent fournir des informations, complétant les données de leur fiche client. « C’est très utile pour connaître la typologie de sa clientèle et pour lui proposer des offres adaptées », affirme Antoine Ruff.

What The Shop propose aux commerçants de placer des bornes de comptage client digitales à l’entrée du magasin pour respecter les jauges imposées par le Gouvernement depuis la Covid©What The Shop 

Le digital pour générer du trafic en magasin 

Suite à la réouverture des commerces, les équipes de What The Shop ont un taux de demande particulièrement élevé pour la régulation du trafic dans les boutiques et pour des campagnes de « drive to store ». L’entreprise propose en effet une solution de génération de trafic en magasin permettant de mesurer l’efficacité de ses campagnes de communication. « Il s’agit d’une interface recensant tous les écrans publicitaires disponibles dans le quartier du commerçant pour lui permettre de diffuser ses publicités dans sa zone de chalandise. » S’inspirant des campagnes web, What The Shop tient « une promesse de performance » en ne faisant payer les commerçants que lorsque la campagne a généré des visites en magasin.